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Photo : Yves Lacombe

Agathe Génois



Son entrée en littérature jeunesse tient du conte de fées, mais qu’on ne s’y trompe pas… Agathe Génois a beaucoup travaillé avant de devenir finaliste du prix du Gouverneur général en 1997.

L’aventure commence en mars 1995, lorsqu’elle s’inscrit au programme de parrainage de l’Union des écrivains et écrivaines québécois. Elle est jumelée à l’auteure Dominique Demers. Un manuscrit prometteur naît de cette rencontre. Agathe Génois le peaufine. Elle remporte ainsi le concours Libellule des éditions Dominique et compagnie. Publié l’année suivante sous le titre Sarah, je suis là !, il est finaliste du prix du Gouverneur général et du prix de la relève Cécile Gagnon. La série des Sarah peut commencer. Les textes d’Agathe Génois sont toniques, humoristiques, tendres et rafraîchissants. On sourit et l’on s’attendrit… on aime. C’est un succès.

Ensuite, Agathe Génois publie un petit roman de suspense pour les enfants de 10 ans et plus, un Roman bleu chez Dominique et compagnie. L’île aux mille visages s’empare des légendes et des traditions de la mystérieuse île aux Grues, ancrée au milieu du fleuve Saint-Laurent. Ce lieu, en fête à la mi-carême, est lugubre et inquiétant pour Elsa. Celle-ci ne pense qu’à l’enlèvement récent de sa voisine. Et si le ravisseur, toujours en liberté, était ici ! En même temps, nous découvrons avec bonheur les habitants de l’île aux Grues grâce à un récit rythmé et intelligent. L’île aux mille visages se dévore littéralement !

« Écrire un roman, c’est comme jouer au détective ! Il faut observer le héros de notre récit pendant des heures, le suivre en cachette, imaginer sa vie personnelle, deviner ses pensées… »


Révélations loufoques

Quel genre d’enfant étiez-vous à l’école ?
Une élève appliquée et studieuse, souvent rêveuse et silencieuse, mais qui pouvait tout à coup se transformer en clown et faire rire toute la classe.

Racontez-nous une de vos plus grosses bêtises.
J’ai été pensionnaire quelques années. L’une des rares fois où j’ai dû passer une fin de semaine au pensionnat, ma meilleure amie et moi avions trouvé un projet excitant pour nous amuser : faire croire à une pensionnaire, plus « grande » que nous et que nous aimions beaucoup, que la lettre qu'elle attendait désespérément depuis plusieurs semaines de son amoureux était arrivée. Nous avions imaginé un texte abracadabrant où l’amoureux de Cécile expliquait qu’il n’avait pu lui écrire avant parce qu’il était à l’hôpital. Il avait fait une terrible chute avec un mauvais parachute et il devait même lui écrire avec les pieds (ce qui expliquait la différence d’écriture). En expertes, nous avions maquillé une enveloppe en complétant l’estampille d’un timbre usagé. Bref, nous avons ri toute la fin de semaine, mais le dimanche soir, à l’arrivée de Cécile, ce fut l’enfer. Nous l’avons vue s’illuminer en recevant l’enveloppe des mains de la religieuse à qui nous avions parlé de notre mauvais tour. Nous avons vu Cécile bondir de joie, puis s’exclamer « Il m’a écrit ! Il m’a écrit ! » en portant l’enveloppe sur son cœur avant de l’ouvrir. Plus je voyais ses réactions, plus je réalisais combien notre mauvais tour allait la décevoir. J’aurais voulu disparaître à tout jamais ! Son visage est rapidement passé du bonheur à la colère. Elle a fait une crise monumentale devant les pensionnaires et les parents venus les reconduire. Elle criait : « Qui a fait ça ? C’est affreux ! Je veux savoir qui a fait ça ! » J’étais paralysée de honte. Quelques heures plus tard, nous nous sommes expliquées. Elle n’a pas été méchante avec nous, mais ce mauvais tour a longtemps porté ombrage à notre amitié

Quel est votre meilleur souvenir de lecture ?
Quatre lignes de poésie de Gilles Vigneault que ma grande cousine Andrée avait écrites dans mon calepin d’orthographe, mais dont j’essayais en vain de comprendre le sens ou le message. Le jour où j’y suis enfin arrivée, j’ai découvert la poésie et ce fut une expérience très intense. Une immense fenêtre venait de s’ouvrir. Quelques jours plus tard, j’achetais un livre pour la première fois de ma vie : un livre de Vigneault qui trônait dans la vitrine du barbier-pharmacien-libraire de mon village et que j’avais reluqué plusieurs jours avant de pouvoir enfin l’acheter.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Si j’essaie d’en parler et de les décrire, elles disparaissent !

Quand et pourquoi avez-vous décidé de vous consacrer à la littérature jeunesse ?
C'est à la suite d'une série d'heureux hasards... Quelques jours après avoir lu un article où l’on disait que la littérature jeunesse était en effervescence et que les éditeurs cherchaient toujours de nouveaux auteurs, j’ai découvert l’existence du prix Libellule (devenu le prix Henriette Major). Sentir qu’il y avait de la place, des possibilités, une ouverture, des chances que le texte que j’allais écrire ne dorme pas au fond de mes tiroirs, c’est ce qui m’a motivée à écrire un premier texte pour les jeunes. Ce fut une grande découverte de réaliser à quel point mon écriture s’y prêtait bien. C’est fou, je n’avais jamais pensé écrire pour les jeunes avant !

Que ressentez-vous quand vous écrivez un livre pour enfants ?
Une immense liberté. Mais pour que mon roman soit bon, il faut que je l’écrive en pétillant ! Les moments où je ne m’amuse pas en écrivant sont suspects et j’arrive maintenant à les écarter, au risque de devoir recommencer à zéro avec un ton ou un projet plus excitant !

Quand, où et comment travaillez-vous ?
Je passe souvent plus de temps à vouloir écrire qu'à écrire ! Heureusement, j'ai découvert une recette infaillible pour y arriver : j'écris ailleurs que chez moi. Mes endroits favoris : un petit café sympathique de Knowlton, un village voisin, et une belle grande bibliothèque. Là, je peux m'évader de nombreuses heures et noircir plusieurs pages de mon cahier préféré, comme par magie. Mon rythme de travail varie : je peux écrire ou réécrire tous les jours pendant des mois, puis mijoter pendant des semaines voire des mois sans écrire une seule ligne. Je n’arrive pas vraiment à écrire à partir d’un plan. C’est au bout de plusieurs improvisations que mes romans commencent à prendre forme.

Révélez-nous un détail intéressant qu’aucun journaliste ne connaît !
L’écrivaine Laure Conan (dont le véritable nom est Félicité Angers), première femme de lettres au Canada français, était la cousine de mon arrière-grand-mère. Il y a quelques années, en lisant sa biographie écrite par Louise Simard, j’ai découvert que, comme madame Simard, j'avais un lien de parenté avec elle.

Une petite question hors sujet pour terminer : quel est votre plat préféré ?
J’adore les mets vietnamiens ! Quand j’arrive dans une nouvelle ville ou un nouveau quartier pour une tournée dans les écoles, je cherche toujours à savoir s’il y a un restaurant vietnamien autour.


Bibliographie

Livres publiés chez Dominique et Compagnie

 
ROMANS JEUNESSE
    Collection Roman bleu
        L’île aux mille visages
 


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